Critique de La Libre Belgique :

Lilies, le quatrième opus de Mélanie De Biasio, sort aujourd’hui. Et il est déjà encensé par la critique nationale et internationale. Une nouvelle fois, la chanteuse belge a tenté, et a réussi, à se renouveler tout en nous envoûtant.

Pour son quatrième album, Mélanie De Biasio a fait table rase de tout ce qu’elle connaissait. Ne pas se reposer sur ses acquis, se révolutionner, se rafraîchir. Alors, avec 200 euros de matériel, elle a tenté le tout pour le tout. De chez elle et pas dans un grand studio coûteux. En s’allongeant parfois sous le piano pour voir ou plutôt entendre comment sonnerait sa voix. Elle voulait qu’on entende ses chansons comme si on avait l’oreille collée directement à sa bouche, à quelques millimètres près.

L’art de la juste mesure et du bon millimètre. En écoutant l’opus, on est frappé par sa facilité et celle des instruments à soutenir la note. On aime ça. On aime aussi sa manière de laisser la respiration entrer dans les morceaux. On respire avec eux.

Mélanie, on le savait, n’est pas une chanteuse de jazz. Pas plus qu’une chanteuse pop. Son pedigree – qu’elle tient de son père et de sa mère – mentionne un goût certain pour le blues que l’on retrouve dans deux morceaux au moins, "Sitting In The Stairwell" et "Brother". Et puis, il y a les textes qui donnent à réfléchir comme dans "Your Freedom Is The End Of Me".

Qui d’autre qu’une personne libre et responsable pourrait chanter ça? Notons l’appui expert de Pascal Paulus comme coproducteur et de la très douée Catherine Marks au mixage. Ils sont pour quelque chose dans cet album gracieux et bien dosé.

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