Après Shutter Island et Mystic River (et bien d'autres) Dennis Lehanne livre ici un nouveau tour de magie littéraire. Ces trois dernières semaines, j'ai vécu à Boston. Trois semaines pour parcourir une paire d'années, 1918 et 1919. Voyage duquel je reviens tout chancelant et ébloui.

Un pays à l'aube est à la fois une grande fresque historique, sociale et politique, en même temps qu'une saga familiale.

Lehane

Boston, berceau de la révolution américaine, décimée par la grippe espagnole, minée par les luttes syndicales, les mouvements communistes et anarchistes voit, de plus, la population noire commencer à s'organiser et à réclamer ses droits.

C'est dans cette tension, ce chaudron même, que Lehane nous conte la destinée de trois hommes aux trajectoires différentes qui vont pourtant se croiser. Le joueur de base-ball légendaire Babe Ruth, alors au sommet de son art ; Luther, un jeune Noir qui a fui le Sud après avoir tué un homme ; Danny Coughlin, issu d'une famille irlandaise, fils d'un capitaine de police et lui-même policier, un esprit libre et progressiste en butte au clan familial. Cette fresque nous conte  enfin et surtout la naissance d'une nation.

Impressionant, pasionnant, prenant, instructif. J'ai tout dit !

Je tape encore sur le clou mais Dennis Lehane est décidément mon auteur préféré. J'espère qu'il sera reconnu comme un grand écrivain (ça commence) plutôt que celui qui fournit matière à des adaptations cinématographiques (Le magazine Première vient de révéler que ce roman a déjà été optionné par Hollywood, et plus précisément par Sam Raimi réalisateur, en autres, de Spiderman).